04/02/2013

Bee Mask – Vaporware / Scanops

beemask333.jpgVous disiez inépuisable ? Chris Madak, alias Bee Mask, n’a de cesse d’enrichir son catalogue, à raison d’une sortie tous les six mois. Certaines (Canzoni Dal Laboratorio Del Silenzio Cosmico, bof) sont plus dispensables que d’autres (le récent When We Were Eating Unripe Pears) mais la dernière fournée en provenance de son nouveau hébergeur Room40 fait partie des excellents crus. Telle une odyssée fantasmagorique en un monde où tout ne serait que Kosmische et volupté, Vaporware / Scanops évolue entre fantasme seventies assumé et déclinaisons stellaires redoutables, à l’image d’un mariage entre Boards of Canada et Evil Madness. Bordel de Zeus, ça fait rudement du bien par où ça passe – je dirais même plus, album de Kosmische de l’année !

 

Un disque : Bee MaskVaporware / Scanops (Room40)

31/07/2009

DJ Olive – Triage

DJOlive-TriageLe nom de DJ Olive étant désormais une référence de la musique ambient, nous ne vous ferons plus l’insulte de rappeler que Gregor Asch (à l’état-civil) est tout sauf un pourvoyeur de musiques à secouer les bras et le reste sur les dancefloors du globe. Collaborateur de l’excellente Ikue Mori ou de l’illustre Kim Gordon, le producteur new-yorkais est déjà passé à la postérité pour avoir inventé le terme illbient, devenu depuis un genre, voire une référence, à part entière.

Troisième volet de la série Sleeping Pills, démarrée en 2001 pour les personnes souffrant de troubles du sommeil (véridique !), Triage est tout sauf un disque à dormir debout (ou assis). Absolument remarquable du début à la fin de la seule plage qui le compose, le dernier effort de M. The Audio Janitor (son autre alias) subjugue et transporte dans un au-delà de la nuit qui fait regretter de ne pas avoir de soucoupe volante. Nulle crainte de se laisser abrutir par des atmosphères ultra-reposantes (certes, elles le sont) pour salon de massage tantrique à 200 Euros l’heure, tant la classe infinie du musisien américain dévoile la multiplicité de sa magnificence. Multipliant les variations à l’infini, DJ Olive caresse l’art de l’évolution avec la placidité rupestre d’un maître des estampes japonaises, chaque étape se différenciant de la précédente tout en nous demeurant familière. Immense, tout simplement.

                                                               

Un disque : DJ Olive Triage (Room40)


Triage (extract) - DJ Olive

08/06/2009

Lawrence English, l'origine du temps

lawrenceenglish1Entre les multiples casquettes de Lawrence English, héros contemporain d’une musique ambient qui dépasse les clichés planants pour atteindre l’universalité d’un Brian Eno période Harold Budd ou d’un DJ Olive aujourd’hui, chaque activité n’outrepasse jamais une autre, tout comme la fièvre de la nuit complète le repos du jour. Patron des labels Room40 et Someone Good, musicien et compositeur aux œuvres rêvées par Christian Fennesz et Jim O’Rourke, commissaire d’expositions audio ou installateur sonore, l’artiste australien tient le haut du pavé, et on espère bien que ce n’est pas fini.

 

Aujourd’hui âgé de trente-trois ans, l’homme de Brisbane promène dans son sillage ésotérique une multitude de disques en solitaire et de collaborations amicales, dont le niveau d’ensemble laisse généralement sans voix. Co-auteur tout récemment du très recommandable U aux côtés de son guitariste de compatriote John Chantler, English tressait pour notre héroïne électro-pop préférée Tujiko Noriko des filaments de soie d’une élégance soyeuse, dont l’apparente fragilité ne faisait que s’infirmer au fil des écoutes. Laissant la place à des compositions micro-tonales d’une ampleur exemplaire de modestie et de talent, l’univers dressé par le trio nippo-australien n’a pas fini de nous dévoiler ses richesses, enfouies et vivaces pour des mois (années ?) encore.

 

Patron de la maison Room40 qui éditait cette très jolie collaboration, Lawrence English nous est tout autant redevable DU disque ambient de ses derniers temps, l’extraordinaire Triage de DJ Olive. Hébergeur de noms recommandables (Janek Schaefer, Greg Davis), voire mythiques (Oren Ambarchi, Luc Ferrari), cultivateur des zones en friche de l’espace électronique contemporain, le multicartes aussie produit non seulement des disques, matière première de tout label, mais aussi organise des festivals dans sa ville de résidence (Liquid Architecture et What Is Music?), tout en mettant sur pied des expositions où le sonore répond au visuel, et inversement, à l’instar du toujours intéressant festival CitySonics, tenu chaque été en cette bonne vieille ville de Mons.

 

Plus pop et (beaucoup) plus mélodiques, les sorties de Someone Good – l’autre imprint dont notre homme s’occupe, ici aux côtés de sa femme Rebecca – témoignent cependant d’un même attachement aux valeurs fondamentales de l’être humain Lawrence English, pour qui chaque œuvre s’inscrit dans un espace, qu’il soit géographique et/ou temporel, qui lui donne toute sa force et son originalité. Entre It’s On Everything, le premier effort du Japonais Akira Kosemura, qui mêle des mélodies pianistiques élégantes à des field recordings d’une discrétion électronique rare, micro-pop de chambre du duo Lullatone (qui arrachera bien des sourires à tous les My Little Cab fans du monde) et bricolages indie de The Rational Academy (on les verrait bien sur Own Records, tiens), l’esthétique reste la même dans sa profondeur intime, le reste n’étant que questions de pure forme, plus concrète dans un cas, plus abstraite dans l’autre.

 

A suivre

14/03/2009

Tujiko Noriko / Lawrence English / John Chantler – U

tujikoenglishchantler-uPassionnante dans sa forte identité, l’œuvre de Tujiko Noriko intrigue depuis ses débuts. Véritables révélations, Shojo Toshi et Hard Ni Sasete, ses deux opus hébergés sur le label Mego (avant sa mue noise radicale en Editions Mego) touchaient de leur grâce élégiaque, perchée sur quelques éléments électroniques d’une fragilité entre douleur et sérénité. Moins convaincante dans son travail pour Tomlab, l’artiste japonaise signait un retour magistral en 2006, le bien nommé Solo confirmant le particularisme unique de son univers tactile et polisson. Habituée des collaborations, la demoiselle d’Osaka a déjà collaboré avec l’Australien Lawrence English, patron de Room40 et auteur du ma-gni-fi-que disque ambient Kiri No Oto sur Touch, c’était en 2005 pour la réalisation en demi-teinte Blurred In My Mirror.

Aujourd’hui complété  d’un autre homme de Brisbane, le guitariste John Chantler, le duo Tujiko – English confirme son sens de l’utopie electronica aux traits oniriques. Plus ue jamais cristalline et superbe de délicatesse, la voix de Tujiko (son nom de famille, pour rappel) étire ses filaments de soie sur des structures micro-mélodiques dont le fil ténu ne fait que prendre de l’ampleur au fil des écoutes. Grâce au travail d’orfèvre de ses deux complices masculins, maîtres es ambiances electro-feutrées, la tentation esthétisante du trio ne vire jamais à la joliesse zen, préférant œuvrer sur des textures dont l’enchevêtrement complexe confirme un sens de la musicalité garant de nombreuses heures de rêveries électroniques.

 

Un disque : Tujiko Noriko / Lawrence English / John Chantler U (Room40)


12OClock on the Highway - Tujiko Noriko Lawrence English John Chantler

Make Me Your Private Party - Tujiko Noriko Lawrence English John Chantler

09/02/2009

DJ Olive trie la nuit

djolive-triageTroisième épisode de la série intitulée – non sans une certaine dose d’autodérision – Sleeping Pills (Somnifères), Triage du célèbre DJ Olive (la scène illbient, ça dit encore quelque chose en 2009 ?) n’est pas pour autant du genre soporifique mièvre, l’inverse en somme du décevant The North Sea. Au-delà du concept, forcément penché dans le bas versant du volume sonore, la spontanéité intense de ses sentiments d’apaisement abreuve les nuits comme il contemple nos jours.

 

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Un disque : DJ Olive Triage (Room40)

18/10/2008

Tujiko Noriko, la vie en U

tujikonoriko-URavissement éternel pour nos pavillons nourris de son génial Shojo Toshi, la musique de Tujiko Noriko a trouvé tant sur (Editions) Mego que sur Room40 le terrain idéal à ses expérimentations electro-pop. Nouvelle sortie du label australien de Lawrence English – d’ailleurs présent aux côtés de John Chantler – son nouveau U la voit poursuivre une aventure où mélodies câlines et étrangetés machinistes s’entremêlent à ne plus nous lâcher.

 

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Un disque : Tujiko Noriko / Lawrence English / John Chantler – U (Room40)

22/04/2008

Tim Hecker – Norberg

hecker_norbergArtiste essentiel de son époque, celle qui inspire Machinefabriek et Deaf Center, tout comme elle a enfanté les sublimes Radio Amor et Harmony In Ultraviolet, le Canadien Tim Hecker a donné au Norberg Festival (édition 2005) une performance – au laptop, of course – que le cours des événements nous amène trois années plus tard. Embaumées dans leurs brumes éparses, magnifiquement effleurées de pâles rayons solaires, les paysages sonores du compositeur montréalais ressuscitent au petit matin frileux des instantanés de vie boréale aux atours de rêve semi-éveillé. Et c'est évidemment redoutable.

 

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Un disque : Tim Hecker – Norberg (Room40)