09/07/2010

Windsor For The Derby – Against Love

windsorforthederby-againstloveAprès des années de présence au plus haut niveau sur le pay roll de Secretly Canadian (et d’autres labels), les Windsor For The Derby maintiennent toujours le cap – en dépit de deux ou trois bémols. Toujours autant adeptes d’une dream pop parfumée au post rock – lisez My Bloody Valentine lacère Parsley Sound face à la devanture de Galaxie 500 – les Texans embrassent les glissements de rythmes d’une – toujours – très belle volupté romantique. Risquant une échappée acoustique où M Ward squatterait les Belle & Sebastian, quand ce ne serait Ride en gros plan High Llamas, les trouvailles fourmillent, elles enchantent aussi. Pourtant, en dépit de ces milles (re)lectures d’un glorieux passé qui ne se prend jamais les pieds dans la réserve de formol, on ne peut s’empêcher de trop entrevoir les limites de l’exercice. En premier lieu, la recherche du beau son référencé nineties ne masque pas toujours complètement une inspiration mélodique en demi-teintes (exception absolue, le splendide Our Love’s a Calamity). Et quitte à faire sa mijaurée, autant être honnête jusqu’au bout des ongles, fussent-ils rongés par l’envie de toujours mieux.

 

Un disque : Windsor For The Derby – Against Love (Secretly Canadian)


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30/05/2008

Sian Alice Group – 59.59

sianalicegroup-5959Voix féminine du genre haut perché, la Sian de ce groupe anglais répond au doux nom de Sian Ahearn, pour un timbre aux horizons voilés tels que déjà dépeints par Wendy Stubbs (Alpha). Douce aussi est la musique de l'introductif As The Morning Light, et ses arpèges de guitare rêveurs d'un frais matin de printemps. Par contraste, rude est la transition vers Way Down To Heaven, ses accords plaqués en mémoire du Velvet (non, pas celui du Revolver) et ses nuages chargés d'inquiétude quasi-sixteenhorsepowerienne. Lento dans bien des cas, la musique des deux multi-instrumentistes Ben Crook et Rupert Clervaux fait bien sûr songer à la mansuétude désincarnée de Low, revisitée par Elizabeth Frazer (Cocteau Twins) dans un manoir fantôme aux spectres louangeurs et aux divinités fugaces. C'est que profondément avare en optimisme; '59.59' tangue tout au long de sa durée – que vous aurez devinée – d'étirements phobiques d'une clarté grisonnante prise au piège d'une nature en plein réveil à l'écoute d'un piano sous hypnose Shannon Wright (Days of Grace III), tout en ressassant des références indispensables comme elles sont voyantes.

 

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Un mp3: Sian Alice Group – Way Down To Heaven

Un disque : Sian Alice Group – 59.59 (The Social Registry / Secretly Canadian)

 

En clip : Sian Alice Group – Way Down To Heaven (Live at TSR Festival)

 

04/04/2008

White Hinterland – Phylactery Factory

whitehinterland-phylacteryfactoryAvis de tempête esthétique majeur sur la planète, voilà que nous arrive White Hinterland, projet aux incontestables mamelles jazz de la jeune (22 ans) songwriter américaine Casey Dienel, déjà auteur en 2006 d’un premier album sous son propre nom. Dorénavant rebaptisée White Hinterland, la demoiselle au somptueux chat blanc possède un songwriting de très haute tenue mélodique, qui l’empêche – quel bonheur ! – de tomber dans les assommants excès middle of the road de la soporifique Norah Jones. Marquée du sceau de l’inquiétude tout en étant bercée d’une âcre douceur, l’usine à phylactères de Dienel est en outre illustrée d’arrangements d’une discrète beauté dont sont exclus tout maniérisme et toute joliesse, hormis peut-être sur le solo de piano de Hometown Hooray. Intemporelle – ce qui la fait rimer avec belle – sa musique, aux incontestables accents d’une pop américaine telle que Joni Mitchell pouvait la concevoir, ne néglige ni les lignes de basse aux contours de post punk en sourdine (Lindberghs+Metal Birds), ni les tournures vocales à mi-chemin entre la Leslie Feist des débuts et l’éternelle Julie Doiron. Largement de quoi satisfaire un potentiel d’écoutes qui tiendra le long terme.

 

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Deux mp3 : White Hinterland – Dreaming of the Plum Trees

White Hinterland – Lindberghs + Metal Hearts

Un disque : White HinterlandPhylactery Factory (Dead Oceans / Secretly Canadian)

27/12/2006

Frida Hyvönen – Until Death Comes

hyvonenfrida-untildeathcomesUne Tori Amos suédoise, et non finlandaise, répondait au doux nom de Frida Hyvönen. Ses quelques notes de piano expressionnistes se détachaient d’un charme rétro qui évitait le piège grand ouvert du rétrograde et des flots d’émotion jamais pleurnicharde, bien que surjouée, remplissaient les alcôves de leur parfum de hêtre (bientôt) trentenaire.

 

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Un mp3 Frida Hyvönen – You Never Got Me Right

Un disque : Frida Hyvönen –  Until Death Comes (Secretly Canadian)

28/11/2006

David Vandervelde – Jacket / Murder

SC154Pas Belge pour cinq dollars (le prix de son tout premier sept-pouces Jacket / Murder In Michigan), David Vandervelde est né à Chicago voici une bonne vingtaine d’années. Premier titre du jeune homme balancé à la face du monde (il préfigure un LP à venir début 2007), Jacket montre la face de l’ado de 19 ans compositeur se rêvant en Ariel Pink (le son crade en moins) déguisé en Marc Bolan feat. David Bowie. Le glam de la saison 2006-2007 a déjà un visage et il ne craint ni l’ironie, ni les sarcasmes.

 

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Un mp3 David Vandervelde – Jacket

Un 7’’ : David Vandervelde –  Jacket / Murder (Secretly Canadian)

13/09/2006

Magnolia Electric Co. – Fading Trails

Petit aperçu de la carrière de Jason Molina, l’homme bicéphale qu’on aime autant côtoyer chez Magnolia Electric Co. que chez Songs: Ohia. Très souvent comparé à Neil Young en raison notamment d’une voix mélancolique en marge de la dépression solitaire assumée, Molina a fondé en 1993 Songs: Ohia, pour au moins un album fondamental, le dernier en date, l’impeccable Didn’t It Rain. Le groupe mis entre parenthèses, l’homme de l’Ohio fonde en 2003 Magnelia Electric Co., dont nous retiendrons surtout l’excellent What After The Blues de l’an dernier. Pour ce nouvel opus, enregistré sous la conduite de l’incontournable Steve Albini, Molina et ses acolytes semblent plus que jamais enfoncés dans les noirceurs post-modernes de la déprime existentielle, ils en oublient hélas que des brindilles de second degré éparpillées sur notre chemin pourraient nous donner envie de leur tendre la main. Tel un équivalent country-rock du Remué de Dominique A, le nouvel opus pose plus de questions qu’il ne propose de réponses bien que quelques titres, dont The Old Horizon et Talk To Me Devil, Again, viennent rendre le message plus audible. C’est heureux tant le coup de bambou était proche de nous emmener au cimetière.

 

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Un mp3 Magnolia Electric Co. Lonesome Valley

Un disque : Magnolia Electric Co. – Fading Trails (Secretly Canadian)