09/02/2010

Mai Lev – Birthday

mailev-birthdayL’histoire de Mai Lev débute dès ses quatorze ans, quelque part en terre de Galilée. A la tête d’un combo punk, elle parcourt les clubs de son Israël natal, en une épopée de jeunesse qui la guidera, crête bleutée rangée au placard des souvenirs, sur les traces de… Van Dyke Parks (et oui, monsieur, ils comptent jouer ensemble en 2010). Entretemps, la redécouverte de ses premières amours classiques et pop est passée par-là. Où ça? Du côté de Björk ou de Joanna Newsom – tendance Ys – pardi.

C’est qu’entre les comptines folk affûtées seule à la guitare (il en reste de séduisantes traces, notamment sur Give), la demoiselle a fait son chemin, il l’a menée vers un orchestre aux 25 musiciens. De leurs classieux arrangements, ils ont taillé un écrin soyeux, voire esthétisant, qui sied à merveille au timbre de soprano léger de Mai Lev. En dépit d’une ou deux touches exagérément smooth, voire d’une préciosité insuffisamment vagabonde, les chansons de la compatriote de Malka Spigel tiennent la route mélodique de belle façon. Parmi nos préférées, on citera les très touchantes To Me et Better (et son solo de violoncelle à fondre de bonheur), sans même parler du très guilleret Girlie Blue, ironique à souhait.

 

Un disque : Mai Lev – Birthday (Off / Still)

28/04/2009

Hanne Hukkelberg, la pierre et le sang

hannehukkelberg-bloodfromastoneJour après jour, année après année, le parcours pop – oui, pop, easy listening même – de la Norvégienne Hanne Hukkelberg s’impose à nous, de l’évidence mutine de Little Things de 2005 aux âpres délices de la Rykestrasse 68 en 2007. Troisième épisode d’une discographie qu’on espère longtemps de ce cru où les accents scandinaves croisent des routes nord-américaines, Blood From A Stone résistera-t-il à la durée, juge impartial et définitif des meilleurs disques ? Réponse début mal pour une première écoute, entre espoir et éternité.

 

Un disque : Hanne Hukkelberg Blood From A Stone (Nettwerk)

salt of the earth - Hanne Hukkelberg

midnight sun dream - Hanne Hukkelberg

26/01/2009

Alela Diane se tient tranquille

aleladiane-tobestillMerveilleux indicateur d’un temps qui a passé en la profonde compagnie de sa voix unique de folk singer baignée de gospel, Pirate’s Gospel de la (désormais) incontournable Alela Diane fait à jamais partie de ses albums qui vous bouleversent une vie de music freak. Très attendu – et c’est peu de l’écrire – son successeur To Be Still – nous aura fait patienter plus deux ans (mais oui) et si certaines orientations stylistiques dénotent une volonté de ratisser plus large (à quoi bon la batterie de White As Diamonds ?), on y jettera une oreille forcément toujours de bon aloi. En attendant une tournée européenne aux étapes parisienne (Bataclan, le 6 avril) et bruxelloise (AB, le lendemain).

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Alela Diane To Be Still (Fargo Records)

25/02/2008

Samantha Marais – The Peppermint Conspiracy

samanthamarais-thebutterflyconspiracyBlanche sud-africaine d’origine, Samantha Marais a mis le cap sur Londres, voici quelques années déjà, histoire sans doute de se rapprocher des racines traditionnelles de sa folk music. A l’instar de sa consoeur Stephanie Dosen, autre folkeuse immigrée dans la capitale de l’Union Jack, la jeune femme propose des chansons charmantes, à peine plus acidulée que celles de sa collègue américaine, dont l’essence manque – chez l’une comme chez l’autre – de ce contenu personnel qui donne tant de force à une Marissa Nadler ou une Joanne Robertson. D’une forme peu révolutionnaire, les ritournelles de la brune songwriter trouvent heureusement sur le morceau-titre un écho plus inventif du côté de Joanna Newsom et des sœurs Cassidy. Outre cette relative concession à la modernité, la demoiselle prouve, et c’est remarquable, qu’elle n’est pas en reste d’americana, ni de Hope Sandoval (Runaway) bien que ça soit aussi beau que passager (Falling Star). Ses fausses expérimentations peinent cependant à convaincre (Hourglass, extrait lu du poème du 19è siècle The Wreck of the Deutschland par Gerard Manley Hopkins), perdues qu’elles sont entre la radicalité d’un Eyes Like Saucers et le conventionnalisme d’une Edith Frost, tout comme son interprétation du chant traditionnel George Collins manque de ce corps à corps dont sont capables les bien plus crédibles Isobel Campbell et Alasdair Roberts. Peut-être Samantha Marais devrait-elle se contenter du registre pop folk de Charcoal Man, là où elle excelle vraiment.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Samantha Marais The Peppermint Conspiracy (Butterfly Recordings / V2)