18/11/2010

Shobaleader One – d’Demonstrator

shobaleader_one_d_demonstrator.jpgInutile de foncer sur Google pour dénicher le mystérieux artiste qui se cacher derrière l’improbable nom de Shobaleader One, il s’agit tout simplement de l’ami Squarepusher – dont nous avions particulièrement goûté les variations solo à la basse sur l’excellent Solo Electric Bass 1. Entouré de quatre collaborateurs aux monikers étranges et mystérieux (Strobe Nazard, Sten t’Mech, Arg Nution et Company Laser), Tom Jenkinson imagine sur Warp une (très) jolie collection de titres qu’on imaginerait bien volontiers du côté d’Ed Banger ou de Kitsuné. Totalement space pop, l’univers de d’Demonstrator louche d’ailleurs, et pas qu’un chouia, du côté des Daft Punk. Chantés par Squarepusher himself d’une voix manipulée au vocoder, les titres font toutefois leur petit – et leur – grand effet au fil du temps. Et si, pour faire grincheux, on pourra trouver passéiste la cause défendue par Shobaleader One, on se gardera bien de ne pas profiter des saveurs acidulées qui s’en dégagent. Parfum prégnant d’une autre galaxie en sus.

 

Un disque : Shobaleader One – d’Demonstrator (Warp)
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19/09/2009

Squarepusher – Solo Electric Bass 1

Squarepusher – Solo Electric Bass 1La donnée est peu connue des fans invétérés de l’IDM breakbeat (tendance jazz, tout de même) de l’animal Squarepusher, mais le gars Thomas Jenkinson a été élevé tout petit au biberon des notes bleues. Formé à la rigoureuse école du jazz où il apprit très tôt la basse, le producteur anglais s’est depuis fait un – énorme – nom en dehors de la musique improvisée, culminant au sommet des musiques électroniques grâce à des morceaux aussi imparables que My Red Hot Car ou Go Spactic et ses déchaînements de beats déstructurés qui rendent fou.

Inutile de le préciser, de tentation surexcitée, il n’est nulle question sur ce Solo Electric Bass 1, capté en concert à la Cité de la Musique de Paris en septembre 2007. Au-delà de l’époustouflante virtuosité de Jenkinson, bluffante et fascinante, c’est le raffinement musical de l’artiste qui retient avant tout l’attention. Alors qu’on aurait pu craindre les débordements excessifs d’un singe savant trop heureux de montrer son savoir-faire, les interprétations du musicien de Chelmsford tranchent dans le vif d’une vision organique, profondément dynamique et pleinement maîtrisée. A leur écoute, on ne voit pas le temps passer et c’est formidable.

 

Un disque : Squarepusher Solo Electric Bass 1 (Warp)

seb-1.01 - Squarepusher

seb-1.02 - Squarepusher

04/12/2008

Squarepusher – Just A Souvenir

squarepusher-justasouvenirMine de rien, l’histoire de Squarepusher remonte déjà à 1996 – putain, douze ans – au cours desquels il s’est fait un nom très remarqué dans le grand monde de l’IDM, d’abord sur Rephlex pour son opus originel, sur Warp ensuite. Toujours actif sur la structure d’Autechre et Prefuse 73, Thomas Jenkinson en est aujourd’hui à la onzième étape solo d’un parcours qu’il mène avec brio, ne se contentant pas de compiler les beats dansants mais proposant une vraie recherche musicale aux confins du jazz et de la musique concrète. Une fois de plus, mais pas une fois de trop, le producteur britannique varie les styles et les effets, passant d’une électro pop presque glitch (Star Time 2) à un jazztronica dance qui fout une énorme claque stylistique aux spécialistes du buzz très con Justice (The Coathanger). Empreinte d’un humour space pop qui présente un Venetian Snares batteur de notes bleues en sourdine aux Daft Punk (l’étonnant A Real Woman), Jenkinson incorpore en toute humilité l’héritage dynamique de son ami Aphex Twin, tout en incorporant des titres plus abstraits qu’un Pierre Bastien devenu guitariste ne renierait pas. L’occasion nous rappelle également que Squarepusher est un formidable musicien, doté d’un sens aigu des musiques improvisées (Potential Govaner ou comment Thomas Dutronc est un jazzman imposteur) et amplifiées (Planet Gear, un brin trop confus, toutefois, trop d’idées tuant les idées). Pas toujours d’accès aisé, certes, Just A Souvenir apportera toutefois un florilège de sensations fortes, entre émotions secouées et recherches du second degré, dont peu de noms connus osent se faire le commanditaire.

 

En écoute sur le site de l’artiste

Un disque : SquarepusherJust A Souvenir (Warp)