09/02/2010

Mai Lev – Birthday

mailev-birthdayL’histoire de Mai Lev débute dès ses quatorze ans, quelque part en terre de Galilée. A la tête d’un combo punk, elle parcourt les clubs de son Israël natal, en une épopée de jeunesse qui la guidera, crête bleutée rangée au placard des souvenirs, sur les traces de… Van Dyke Parks (et oui, monsieur, ils comptent jouer ensemble en 2010). Entretemps, la redécouverte de ses premières amours classiques et pop est passée par-là. Où ça? Du côté de Björk ou de Joanna Newsom – tendance Ys – pardi.

C’est qu’entre les comptines folk affûtées seule à la guitare (il en reste de séduisantes traces, notamment sur Give), la demoiselle a fait son chemin, il l’a menée vers un orchestre aux 25 musiciens. De leurs classieux arrangements, ils ont taillé un écrin soyeux, voire esthétisant, qui sied à merveille au timbre de soprano léger de Mai Lev. En dépit d’une ou deux touches exagérément smooth, voire d’une préciosité insuffisamment vagabonde, les chansons de la compatriote de Malka Spigel tiennent la route mélodique de belle façon. Parmi nos préférées, on citera les très touchantes To Me et Better (et son solo de violoncelle à fondre de bonheur), sans même parler du très guilleret Girlie Blue, ironique à souhait.

 

Un disque : Mai Lev – Birthday (Off / Still)

21/02/2008

de Portables – Topless Is More

deportables_toplessismoreEntre psychédélisme pinkfloydien et post pop fleurie, le cinquième album des Portables réunira-t-il la patrie noir-jaune-rouge déchirée ? Réponse sur Octopus.

 

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Un disque à venir : de Portables Topless Is More (Stilll)

07/02/2008

Babils – The Joint Between

BabilsDisque fascinant que cette première sortie officielle du quintet belge Babils, jugez plutôt. Tout débute par une vraie fausse piste en forme de trompette, celle de Lukas Vangheluwe, qui entonne un air à la Giacinto Scelsi à réveiller des éléphants tout aussi goguenards qu’ils sont délurés. Foisonnante dans sa débauche de guitares tiraillées, de percussions en folie et de spectres électroniques kraftwerkiens, l’atmosphère radicalement libre de Gabriel Séverin (aussi connu sous le pseudo de Silksaw sur Sub Rosa ou Ant-Zen) et ses potes percute en toute fantaisie un jam en ébullition où les Birchville Cat Motel auraient convié les Drifting Bears Collective, voire le fêlés Nippons de Boredoms. Quand ils n’explorent les failles telluriques d’un Svarte Greiner en plein acharnement sur des cadavres exquis de chants bouddhistes (Quelqu’un Ecoute Dans La Pièce D’A Côté), les musiciens belges nous entraînent dans un dialogue motorique aux brisures de rock new-yorkais sur fond d’orage aux cuivres incandescents et de messe satanique (l’incroyable 2=3). Unique bémol de cette huitième sortie du label de Jérôme Deuson, Procrasti heurte les limites inhérentes à son propre jeu répétitif, entre obsession et lassitude, ce qui n’empêche pas que dès le morceau suivant, une flûte de dresseur de cobras envoûte de sa moqueuse séduction les axiomes malins d’un réseau de percussionnistes désaxés – c’est carrément sublimissime – dans un atelier sidérurgique peuplé de bambins ricaneurs. Plus loin, une vrille marquante où le krautrock décuple l’énergie du free jazz indique l’entrée d’une jungle revolution aux cris de pachydermes sous acide contagieux (Trismus), un répit bien provisoire fait bourgeonner les angoisses de la nuit abandonnée (Grigri), déchirée de riffs lézardés et de percus d’après l’orage annonciateurs d’un apocalypse aussi sombre que réjouissant.

 

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Un mp3 : Babils – 2=3

Un disque : BabilsThe Joint Between (Stilll)