04/10/2009

Scarcity Of Tanks – No Endowments

scarcityoftanksUn détour par Cleveland, Ohio plus tard, nous voilà l’heureux(?) propriétaire d’un disque hors normes, bruyant et déséquilibré. Complètement à l’ouest de Fugazi et The Fall, qui passent pour d’aimables boy scouts en plein bad trip Spandau Ballet, Matthew Wascovich et ses comparses sans cesse mouvants de Scarcity Of Tanks (dont Mike Watt de The Minutemen et des Stooges) secouent les vermicelles dans la soupe et ils en mettent autant par terre que dans l’assiette. De leur approche radicalement post punk (dans l’esprit) et noise fusion (les arrangements, déchaînés), ils malaxent en toute radicalité un spoken word vindicatif et vengeur. Au son d’une basse qui tournoie, d’une batterie qui jubile et d’un saxo en mode free on, la bête rugit et bondit sur sa proie. A qui elle ne laisse aucune chance.

 

Un disque : Scarcity Of Tanks No Endowments (Textile Records)


hedge over height - scarcity of tanks

Growing 33 - Scarcity of Tanks

18/01/2008

Jackie-O Motherfucker – Valley of Fire

jackieomf_valleyofireGroupe tout simplement extraordinaire en live – les veinards présents un certain soir de novembre au Netwerk peuvent en témoigner – Jackie-O Motherfucker bénéficie généralement d'une presse moins favorable en disque et ça n'a rien de scandaleux. Bien que leur trip fantastico-onirique passe moins impression à la maison qu'en concert (rien de bien dramatique, toutefois), leur nouvel effort Valley of Fire peut sans peine être catalogué dans les bonnes sorties du genre. Certes en retrait des incroyables No-Neck Blues Band, notamment sur l'introductif Sing Your Own Song, le combo américain balance sur la chanson-titre tout son sens du folk spatialisé, d'une beauté sombre terriblement hallucinée/nante. Hantées des fantômes de Nick Drake, revisitées à l'aune de Matt Elliott, du krautrock de Can et de l'electronica, les presque six minutes du morceau dégagent une émotion aux échos de noirceur parfaitement assurée et – surtout – maîtrisée. Plus nu, mais à peine moins réussi, le court The Tree (2'30 à peine), reprise des Beach Boys(!) fourbit ses armes du côté d'un Bert Jansch gothique en pleine mue de baryton enfumé, tandis que l'ultime et très développé We Are / Chanel Zero nous fera définitivement préférer la folie furieuse des Drifting Bears Collective ou des Gang Gang Dance.  

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Jackie-O Motherfucker Valley of Fire

Un disque : Jackie-O Motherfucker Valley of Fire (Textile Records)

23/10/2007

Joanne Robertson, en toute impunité

joannerobertsonL'année 2007 est florissante pour les jeunes femmes fragiles, avec pour seul compagnon une guitare acoustique. Déjà marquée de la découverte estivale Liz Green, notre époque se remettra-t-elle de la mordante obscurité de la Londonienne Joanne Robertson? Réponse partielle le 28 festival à l'Alifib de Paris le 29 octobre au Festival Soy de Nantes, le 2 novembre au Netwerk et le 3 novembre au België.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Joanne RobertsonThe Lighter (Textile Records)

25/03/2007

Chris Corsano /Mick Flower Duo – The Radiant Mirror

130043_cf_xlRiche en très bons concerts (Nina Nastasia au De Kreun, la Mosz label night au Netwerk, Yo La Tengo à l’AB), l’année 2006 était déjà couronnée le 24 mai. Rendez-vous au Netwerk, lieu fantastique à la programmation impeccable (dont une prochaine The Leaf Label label night ce vendredi 30 mars). Nous étions un vendredi soir, Greg Davis et Sébastien Roux avaient ouvert les hostilités, leur electronica onirique sous le bras. Un Orval plus tard, le batteur Chris Corsano déboule, seul derrière ses fûts et ses cymbales. Son set ne dure que vingt minutes, sans interruption, et le mot passionnant ne suffit pas pour transmettre l’intense sensation de partage que le New Yorkais, ami des Sonic Youth, m’a fait ressentir. Au rythme de vingt idées à la seconde, estimation basse, Corsano envoûte la salle de ses trouvailles sonores d’une inouïe richesse. Tout excité de cette formidable claque, je m’enfile un deuxième Orval, c’est pour mieux tendre la joue au No-Neck Blues Band et son free rock d’une ex-tra-or-di-nai-re précision rythmique et d’une fa-bu-leu-se créativité musicale. Ne les manquez pas à Recyclart le premier mai, ne manquez pas le nouvel album de Chris Corsano, en duo avec Mick Flower (du Vibracathedral Orchestra).

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Chris Corsano /Mick Flower DuoThe Radiant Mirror (Textile Records)