18/07/2010

Wildbirds & Peacedrums – Rivers

wildbirdspeacedrums-rivers.jpeg Duo suédois à l’excellente réputation critique, voire publique, Wildbirds & Peacedrums poursuit délicatement un chemin tracé au son des harmonies vocales et de la batterie, éléments constitutifs majeurs des chansons du couple Mariam Wallentin / Andreas Werlin. Inclassable défintivement, l’univers de W&P évolue entre diverses planètes musicales, de la musique contemporaine à la folk mystique en crochetant du côté du jazz et de la dream pop. En creusant un peu, on y trouve des traces manifestes d’autres Scandinaves – tels les Danois d’Efterklang, mais aussi des restes de Kate Bush réfugiée dans une église l’intégrale Maja Ratkje sous le bras, le tout sous des auspices charismatiques indéniables. En tout état de cause, ces Rivers ne font que confirmer un peu plus la renommée méritée du Wildbirds & Peacebrums, là-haut in the sky.

 

Un disque : Wildbirds & Peacedrums – Rivers (The Leaf Label)

podcast

 

11/11/2009

Vladislav Delay – Tummaa

VladislavDelay_TummaaMarquant les dix années d'existence de Sasu Ripatti sous le moniker de Vladislav Delay, Tummaa voit le musicien finlandais prendre place aux percussions, aux côtés du clarinettiste argentin Lucio Capace et du compositeur/arrangeur écossais Craig Armstrong au piano et Rhodes. A la lecture des intervenants et des instruments, vous avez déjà compris que de techno et de musiques dansantes, il ne sera guère question sur ce disque empreint d'un fort goût pour les musiques improvisées et expérimentales, voire ambient.

En dépit de la réputation du producteur de Oulu, cette exploration des atmosphères lentes et contemplatives s’inscrit dans une certaine continuité artistique. Véritable dieu des textures quand il inonde le dancefloor de ses beats ultra classe, Ripatti s'était déjà évadé dans les brumes, certes glitch, de l'ambient sur un Anima porté par les mythiques Mille Plateaux. Le cas présent diffère toutefois fondamentalement, tant les machines jouent un rôle infiniment moins prégnant, du moins au premier abord. Le résultat laisse fort perplexe, toutefois. Epris de sonorités alanguies héritées de Brian Eno ou de Harold Budd, le successeur du très froid et léthargique Whistleblower ne suscite, en fin de compte, que bâillements intrigués et sourcils perplexes. En dépit d'une ou deux compositions prenantes, tel le très dub jazz Mustelmia et sa clarinette basse surgie du néant électronique, et qui nous donne encore davantage de regrets, on se pose la question ultime: c'est grave, docteur?

 

Un disque : Vladislav DelayTummaa (The Leaf Label)


Mustelmia - Vladislav Delay

17/01/2009

Murcof – The Versailles Sessions

Murcof – The Versailles SessionsElle n’est plus à faire, la réputation de Fernando Corona, les organisateurs des Grandes Eaux Nocturnes l’ont bien compris. Invité dans le cadre de l’édition 2007 de ce festival sons et lumières autour des pièces d’eau du château de Versailles, le génial Murcof s’est inspiré des musiques baroques jouées du temps de la splendeur des lieux voulus par Louis XIV, ses six compositions électroniques s’inspirant d’enregistrements de musique baroque jouée sur instruments itou (clavecin, viole de gambe, violon, flûte…). A peine moins captivantes que les atmosphères spatiales de son magique album Cosmos, les six œuvres du musicien mexicain forment un pont absolument sensationnel entre quatre siècles que tout semble séparer et qui n’ont jamais paru si proches. Telle l’ouverture Welcome To Versailles, d’une renversante beauté qu’on souhaiterait sans fin, le nouvel opus de Corona témoigne d’une maîtrise supérieure de son environnement. Au lieu de se laisser aller à une contemplation majestueuse des lieux, ce que la facilité aurait recommandé, l’homme de Tijuana (et résidant barcelonais) met le doigt sur les contradictions de son décorum, explorant les tourments de ses habitants, jusqu’aux plus célèbres (Louis XIV’s Demons). Quand une mezzo-soprano intervient, son lyrisme enchante d’une beauté vocale surréelle, hors de toute joliesse décorative (A Lesson For The Future, Farewell To The Old Ways), avant qu’un choc intercosmique entre clavecin et laptop inquiète autant qu’il séduit de son obscurité fertile (Spring In The Artificial Gardens). La conclusion – la célèbre Turquerie de Jean-Baptiste Lully mise en regard d’une discrète pulsation contemporaine – confirme l’opportunité absolue d’un projet mené de main de maître.

 

Un mp3 : Murcof Louis XIV’s Demons

Un disque : Murcof The Versailles Sessions (The Leaf Label)


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03/05/2008

Essie Jain – We Made This Ourselves

essiejain_wemadethisAu fil des années, The Leaf Label s’est fait une spécialité de produire des artistes féminines dont le style, simple en apparence, recèle des trésors d’émotion instrumentale (l’essentielle Colleen) ou vocale (la fragile Nancy Elizabeth). Nouvelle venue dans la caste, la chanteuse folk anglaise Essie Jain (de son vrai nom Essie Jane Wilkinson) trouvera à n’en point douter un espace vital à sa discrète expression, quelque part entre la Nina Nastasia de On Leaving et la perle Sybille Baier. Guère en manque d’arguments, qu’ils soient mélodiques (le superbe Haze démontre à suffisance les qualités vocales de la demoiselle au timbre de soprano) ou arrangés (les cordes de Sailor, au ton de requiem minimaliste), les chansons d’Essie Jain pèchent, en de rares moments, par excès de joliesse vocalisante (Talking). En d’autres endroits, elle nous rêve un monde parsemé de trois notes de piano, illuminé d’une voix en totale – et magnifique – opposition avec le titre chanté (Disgrace) et plus globalement, elle nous prouve qu’elle a beaucoup écouté, sans en faire un infâme plagiat, la légendaire Sandy Denny. Et elle a bien eu raison.

 

En concert le 31 mai au Point Éphémère

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Essie Jain Disgrace

Un disque : Essie JainWe Made This Ourselves (The Leaf Label)

 

En clip : Essie Jain – Glory

 

 

21/12/2007

Susumu Yokota - Love or Die

Susumu%20Yokota%20-%20Love%20Or%20DieL’excellent site Obscure Sound le rappelle avec beaucoup d’à-propos, Love or Die, dernier album en date de Susumu Yokota, ne déparerait pas dans la liste des albums les plus importants de l’année. Bien qu’inférieur – mais c’est dans les marges que ça se joue – à ses indispensables Magic Thread (The Leaf Label - 1998) et Sakura (The Leaf Label - 1999), le dernier album du prolifique compositeur – et DJ - japonais (environ trente titres à son actif) réjouira le moindre aficionado de Sylvain Chauveau et de Marsen Jules.

 

En écoute sur Plong

Deux mp3: Susumu Yokota – A Heart-warming and Beautiful Flower Will Eventually Wither Away and Become Dirt

Susumu Yokota – For The Other Self Who is Far Away That I Can not Reach

Un disque : Susumu YokotaLove or Die (Lo Recordings)

24/08/2007

Colleen – Les Ondes Silencieuses

lesondessilencieusesChère Colleen,

 

Au bout de mes nuits insomniaques, tes Ondes Silencieuses captent l’indicible beauté d’un monde épuré, le mien, le tien. La suite, tu la trouveras sur Octopus, tu es notre disque de la semaine.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : ColleenLes Ondes Silencieuses (The Leaf Label)

23/08/2007

Nancy Elizabeth Cunliffe aka Nancy Elizabeth

nancyelizabeth-battlePlein de références, adulées en ces pages, hantent mon esprit à l’écoute de la jeune (23 ans) Anglaise Nancy Elizabeth, qui a abandonné le patronyme de Cunliffe depuis son confidentiel EP The Wheel Turning King de 2006. Ses titres en écoute, préludes à un premier album sur le prestigieux The Leaf Label, évoquent la harpe de Joanna Newsom, l’acidité de Josephine Foster & The Supposed, la profondeur de James Yorkston ou encore une vision celtique de Vashti Bunyan, tout en restant étrangement dans un creux dont ont surgi ses fondamentales consoeurs américaines Alela Diane et Mariee Sioux. Et s’il lui manquait tout simplement un brin de cette épure assurée qui fait la grandeur de Meg Baird ? Et Qu’en pense le sympathique lecteur tombé sous le sens épique de la splendide Alela? Questions, questions, que de questions…

 

En écoute sur MySpace

Un mp3: Nancy Elizabeth – Hey Son

Un disque : Nancy ElizabethBattle And Victory (The Leaf Label)

02/06/2007

Murcof vous aura prévenu

585755Dans les mauvais jours, l’electronica du Mexicain Fernando Corona aka Murcof est simplement intéressante, demandez aux chanceux présents au Beurs voici quelques mois. Dans les bons jours, ses lentes harmonies empreintes d’une grave somptuosité explosent tous les standards de la fascination. Tel le dernier EP Cosmos, dont la sortie est prévue en septembre sur le fidèle The Leaf Label, déjà échappé sur Soulseek alors que du propre aveu de son auteur, ses versions ne sont pas encore définitives.

 

En écoute sur Myspace

Un EP : Murcof Cosmos (The Leaf Label)

23/04/2007

Colleen, from great to greater

BAY57CDVénérée en ces pages, la fondamentale et discrète Colleen fait partie de ces (rares) artistes à la trajectoire mirifique. Telle une fée aux doigts d’argent, la musicienne française aspire, disque après disque, les convulsions secrètes d’un monde désincarné, pour mieux revendiquer le droit de rêver, et de frissonner. Dans sa nouvelle mouture Les Ondes Silencieuses, Cécile Schott envoie au placard les boucles de ses précédents opus, pour mieux se concentrer sur une panoplie d’instruments naturels. Du clavecin à la viole de gambe, sa subjective profondeur – émotive et pudique – nous fait fantasmer, jour après jour, Tous Les Matins du Monde et le périple n’en est qu’à ses premières péripéties. Un futur album de l’année ? C’est Marin Marais qui doit être fier.

 

En écoute sur Dotshop

Un mp3 Colleen – Le Labyrinthe

Un disque : Colleen Les Ondes Silencieuses (The Leaf Label)

27/02/2007

Hanne Hukkelberg, number two

31323C’est en vainqueur des Spellemannsprisen (les Grammy Awards de sa Norvège natale) que la polissonne Hanne Hukkelberg nous présente son second album Rykestrasse 68. Nommé d’après la résidence berlinoise où elle a passé six mois, le disque contient, cerise sur le gâteau une reprise du Break My Body des Pixies. Sortie prévue en nos terres méridionales le 2 avril.

 

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Un mp3 Hanne Hukkelberg - The Northwind

Un disque : Hanne Hukkelberg – Rykestrasse 68 (Propeller Recordings / The Leaf Label)