23.12.2009

Cobra Killer – Uppers & Downers

CobraKiller_UppersDownersVéritables icones de la déjante glamour made in Berlin, Gina V D’Orio et Annika Line Trost  réussissent encore à impressionner sur leur cinquième – et oui, déjà – effort. D’une toute autre veine que leur toujours surprenant, des années plus tard, disque de reprises avec un orchestre de… mandolines, Uppers & Downers compte les invités prestigieux (Thurston Moore, Jon Spencer, J Mascis), tout comme il cumule les titres aussi énergiques qu’ils sont fendards.

Sans complexes et tournoyants d’allégresse, les rythmiques électro-pop des duettistes allemandes s’emballent dans un non-sense tout à tour bordélique, arrangé et secouant. D’un total laisser-aller qui ne peut être le produit que d’intenses séances de brainstorming (genre on en met un peu plus ou un peu moins ?), les chansons des Cobra Killer donnent cette impression, faussement candide, de facilité je m’en foutiste. Au-delà de l’illusion post-Peaches vs Chicks On Speed, les riches harmonies d’un Vitamine très… fruité et revitalisant offrent un contrepoint bienvenu aux décharges punkoïdes d’un Hang Up The Pin Up totalement énervé, à l’image d’un opus aux soubresauts lubriques et dévoyés.

 

Un disque : Cobra Killer Uppers & Downers (Monika Enterprise)

07.11.2008

Sudden Infant – Psychotic Einzelkind

Sudden Infant - Psychotic EinzelkindPersonnage à part de la scène noise de ces vingt dernières années, le Suisse Joke Lanz n’en bien sûr pas à son coup d’essai sur cet enfant unique psychotique. Turbulent comme jamais, tout en ajoutant une grosse pincée de punk jazz au second degré tranchant, Lanz s’associe à son compatriote Christian Weber (basse, caisse claire) et au Greco-Anglais Bill Kouligas (électronique, percussions), pour un disque à mettre en toutes les oreilles des adorateurs de 16-17. Il débute par l’incroyable Somniphobia et sa ligne de basse entêtante confrontée à des percussions violentes dignes du meilleur de la scène norvégienne (ce n’est pas pour rien que Lasse Marhaug signe le remix de Tandoori Chicken Scooter III en fin de disque, occultant sa dynamique orageuse pour une défonce ambient aéroportuaire). Par moments, l’ombre du tentaculaire Kevin Drumm masque des atmosphères déjà entendues ailleurs, en mieux (chez Editions Mego), ce n’est que pour mieux transiter vers des furies rock bruitistes dignes des divers projets parallèles des membres de Sonic Youth (Thurston Moore est d’ailleurs au remix de Somniphobia). Les moments plus calmes – il y en a, on vous le jure – évoquent davantage l’abstraction faite art de Lawrence English à la rencontre de Supersilent, ce qui n’empêche pas le trio de nous balancer le tubesque – au sens underground du terme – Beautiful Tile et son enivrant gimmick de basse cold wave. Prends garde à toi, camarade.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Sudden Infant Psychotic Einzelkind (Blossoming Noise)

14.11.2007

Thurston Moore – Trees Outside The Academy

thurstonmoore-treesLa galaxie indie rock les vénère, les fans de musique alternative les encensent, nous revoici dans le monde agité des icônes Sonic Youth. Membre éminent – et pour cause – de du plus grand groupe de rock de ces vingt-cinq dernières années, Thurston Moore s’échappe en solo, accompagné du batteur sonique Steve Shelley, de la magnifique Christina ‘Charalambides’ Carter (pour le splendide duo Honest James) et de la violoniste Samara Lubelski (dont le très réussi album Parallel Suns est sorti cet automne). L’écoute du second album du compagnon de Kim Gordon (douze ans après le début Psychic Hearts) révèle, sinon confirme, la tentation pop prise par la jeunesse sonique depuis quelques années (les albums Sonic Nurse et Rather Ripped). Preuves, si besoin était, de l’influence majeure de Moore sur les compositions du groupe new-yorkais, des titres tels que The Shape Is In A Trance ou Fri/End sonnent le rappel du Sonic Youth dernière mouture, amplis débranchés en prime (le disque est essentiellement acoustique, à l’exception notable de Wonderful Witches, aux accents échappés de My Bloody Valentine). Tantôt inscrit dans la lignée de John Fahey (le jeu de guitare de Silver-blue, en ombre portée de Sonic Youth), plus souvent marqué par la finesse mélodique (atout majeur de l’album) d’une pop americana à l’ombre de Yo La Tengo réveillant Elliott Smith, le disque souffre toutefois d’un relatif – et étonnant – manque d’inspiration de Steve Shelley. La réserve est d’autant plus mineure que notre accueil est enthousiaste.

 

En concert à l’Ancienne Belgique

En écoute sur MySpace

En live sur KCRW

Un mp3: Thurston Moore – Fri/End

Un disque : Thurston Moore Trees Outside The Academy (Cargo Records)