04.02.2010

Black To Comm – Alphabet 1968

blacktocomm-alphabet1968Boss du label Dekorder (Guido Möbius, Kuupuu, Xela, Stephan Mathieu) et musicien accompli dans le secteur des drones, Marc Richter aka Black To Comm explore des contrées électronica davantage néo-classiques sur ce nouvel opus, le premier pour Type. Parsemé d’atmosphères multiples et d’influences diverses, Alphabet 1968 est un disque malicieux et long en bouche. Entre velléités pianistiques minimalistes, évasions vers la musique concrète ou beats hyper-discrets très germaniques, les ingrédients se chevauchent dans un premier temps, c’est pour mieux d’amalgamer en un délicieux breuvage. A sa dégustation, nombre de nos héros contemporains se rappellent à notre excellent souvenir. Entre ambiances saupoudrées de turntablism à la Giuseppe Ielasi, escapades humides à la Wolfgang Voigt, rythmiques en sourdine façon Michaela Melian ou glockenspiel fébrile à la manière de Colleen, les points de chute se multiplient et s’entrecroisent. A certains instants, c’est tout bonnement magique (Frost, la conjugaison parfaite entre le Zauberberg de GAS et le Baden-Baden de Mme. Melian) ou gargarisant (Musik für Alle, tel du Benjamin Lew). Dans tous les autres cas, le niveau demeure très haut.

 

Un disque : Black To Comm – Alphabet 1968 (Type)

22.03.2009

Andreas Tilliander paie de sa Persona

mokira-personaC’est une des sorties electronica majeures de l’année que ce Persona de Mokira. Derrière un alias qui cache l’identité du musicien suédois Andreas Tilliander, et sa collection de synthétiseurs analogiques qui ajoute une touche romantique digne des meilleurs représentants de l’ambient germanique. Wait until April, baby.

 

Un disque à venir le 20 avril : Mokira Persona (Type Records)


Contour - Mokira

09.02.2009

Xela – In Bocca Al Lupo

xela-inboccaallupoLa pochette – un adepte de Devendra Banhart, figure christique s’il en est, au corps lacéré et sanguinolent guetté par les loups – le déclare sans fausse pudeur, les atmosphères du nouvel opus de Xela seront oppressantes, mortifères et angoissantes. Telle une bande-son pour documentaire noir d’une secte satanique norvégienne, la nouvelle production du boss de Type John Twells est terriblement impressionnante de noirceur poétique, tout entière au service d’un imaginaire dark ambient clairement au-dessus de la mêlée. Exceptionnel de créativité morbide, l’introductif Ut Nos Vivicaret craque de tout son être refroidi – comme si le turntablism de Giuseppe Ielasi était passé au filtre de Svarte Greiner –, tandis que des cloches lointaines rappellent sans doute l’enterrement furtif d’un loup-garou explosé sur une mine. Ecrit à l’origine pour une installation thématique sur la peur, In Bocca Al Lupo trouve autant un écho en le remarquable Requiem For A Young Poet de Bernd Alois Zimmermann que dans les œuvres les plus sombres de l’ambient contemporaine (Jefre Cantu-Ledesma, ce genre). Evitant merveilleusement l’écueil de la monotonie blafarde comme celui de la complaisance gothique, le musicien britannique revisite la chrétienté dans ce qu’elle a de moins lumineux – ô euphémisme – la palme de la fureur tombale revenant au conclusif Beatae Immortalitatis, aux sourdes percussions sur fond de cris enragés (think Prurient) enveloppées dans une électronique aussi hallucinée que conquérante.

 

Un disque : Xela In Bocca Al Lupo (Type Records)

 


Ut Nos Vivicaret - Xela

14.12.2008

Svarte Greiner, drone à la bouche

svartegreiner-manbirddressDans le petit monde des drones, vous savez ces inquiétants bourdonnements aux atours de machine qui rend fou, les prétendants sont nombreux, les vrais maîtres rares. Il en est un au moins – le Norvégien Svarte Greiner, aux inspirations toutes en nuances rehbergiennes – dont l’univers transcende les fredonnements ambient de son groupe Deaf Center, alors qu’il aurait été tellement plus simple de se complaire dans un registre paresseux post-KTL. Prélude à son prochain Kappe, à venir sur Type dans quelques mois, le LP Man Bird Dress n’est disponible qu’en 300 copies pour le monde, c’est bien le seul reproche qu’on lui adressera.

 

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Un disque : Svarte GreinerMan Bird Dress (SMTG)

12.11.2008

Koen Holtkamp – Field Rituals

Koen Holtkamp – Field RitualsNew-Yorkais d’adoption, le nom de Koen Holtkamp ne peut masquer les origines néerlandaises de son porteur, nouvelle signature du passionnant label Type. Entendu – et approuvé – lors d’un concert estival dans un vaisseau molenbeekois de moins en moins secret, et c’est tant mieux, la folktronica (pour faire vite) de Holtkamp marie instruments acoustiques, field recordings, graines, papier et autres objets, l’électronique formant le liant étiré d’atmosphères entre pâle tiédeur et fraîche moiteur. Combinée au visuel du concert, la démarche de l’artiste hollando-américain est fascinante, transposée sur disque, elle est simplement intéressante. N’est-ce pas Christophe qui chantait J’Aime L’Ennui ?

 

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Un disque : Koen Holtkamp Field Rituals (Type Records)

07.08.2008

Goldmund aka Helios

goldmund-themaladyofeleganceConnu en d’autres temps sous son pseudo electronica de Helios, Keith Kenniff cache ses atours de pianiste sous le moniker de Goldmund. Signé – et ce n’est pas un hasard – sur le même label que Sylvain Chauveau, le musicien de Boston cultive le goût de la nostalgie défalquée à l’eau de pluie, sans toutefois tomber dans un passéisme verbeux que nous laisserons à l’ennuyeux Peter Broderick.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Goldmund Image-Autumn-Womb

Un disque : Goldmund – The Malady of Elegance (Type Records)

24.04.2008

Sylvain Chauveau – Nuage

sylvainchauveau-nuageBase arrière d’artistes français parmi les plus exigeants dans leur minimalisme folk ou électronica (Colleen, Julien Néto), le label britannique Type (création de l’excellent John Xela) se devait de compter en ses rangs racés (Deaf Center, Helios) le magnifique néo-classicisme du grand Sylvain Chauveau. Déjà auteur en d’autres temps (début des années 2000) des intrigants – autant qu’élégants – Le Livre Noir du Capitalisme et Un Autre Décembre (nous lui pardonnerons son album de reprises de Depeche Mode), le musicien parisien s’est vu confier la tâche ardue de mettre en sons la bande originale de deux films de Sébastien Betbeder (Nuage et Les Mains D'Andréa). Le résultat est sidérant de beauté, tout en évitant la compassion malsaine pour un passé par trop faisandé par les multiples clones de Yann Tiersen et l’esthétisme trop précieux de Johann Johansson. Bien au-delà de toute commémoration morbide (la récente collaboration Hans Joachim Roedelius – Tim Story en est le parfait contre-exemple), Chauveau fait glisser sans le moindre charivari griffonné le défilé serein de cieux mélancoliques, magnifiquement illustrés d’une poésie sonore entre piano et violoncelle (principalement, sauf quand la guitare prend le relais sur Fly Like A Horse, d’ailleurs composé antérieurement). Mélodique toujours, sans pourtant céder à la tentation de la facilité, ni de la joliesse creuse, l’univers éthéré de Nuage sonne tel une réminiscence de cet Autre Décembre déjà évoqué et propulse plus que jamais son auteur aux côtés de l’unique Max Richter. Au sommet.

 

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Un mp3 : Sylvain Chauveau Pauvre Simon

Un disque : Sylvain ChauveauNuage (Type Records)

 

 

13.03.2008

Xela, triple un ou triple zéro?

xelatape_digi1dhfhLe culot de certains artistes frise parfois l’obscénité snobinarde. Prenons pour exemple John Twells aka Xela, par ailleurs boss du label Type Records. Quel est l’intérêt de produite une œuvre aussi intrigante – et passionnante – que The Illuminated, digne des meilleurs travaux de Fennesz, pour la sortir uniquement en 111 (oui, cent onze) copies pour le monde entier ? Créer un buzz, frustrer les passionnés, se foutre du monde ? Le mystère est aussi épais que la brume électronique qui enrobe les brumes électroniques de sa cassette, produite par Digitalis.

 

En écoute sur Boomkat (pour se consoler)

28.11.2007

Sylvain Chauveau dans les nuages

nuagePure merveille de minimalisme néo-classique (pour faire bref), Un Autre Décembre de Sylvain Chauveau connaîtrait-il enfin son successeur, quatre ans après sa sortie. Non que son auteur soit resté inactif dans l'intervalle (citons en vrac deux albums du side project Arca, des reprises de Depeche Mode, des albums solo), juste qu'il avait décidé d'explorer d'autres voies, empreintes de ce goût de la maîtrise retenue si cher au musicien français, ce qui, en fin de compte, nous donne encore plus envie de découvrir son nouveau bébé Nuage, par ailleurs bande originale du film éponyme de Sébastien Betbeder. Rendez-vous sur Type Records, un troquet où nous avons nos (bonnes) habitudes.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Sylvain Chauveau Nuage (Type Records)

16.08.2007

Sylvain et sa main chauveaude

type030v_sleeeve_med_size_0Saison propice aux amours, l’été révise ses classiques. D’abord, Arca revient avec un album magnifique de mélancolie automnale aux humeurs très David Sylvian. Pour rester dans le mood, Sylvain Chauveau (le complice de Joan Cambon dans Arca) nous promet un mini-album où la guitare préparée affrontera l’électronique. Pour ne rien gâcher, ça sera sur Type. 

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Un disque disponible : Arca On Ne Distinguait Plus Les Têtes (Ici D’Ailleurs)

Un disque à venir : Sylvain Chauveau S. (Type Recordings)