14.11.2009

V/A – XVI Reflections On Classical Music

xvi_reflectionsŒuvre d’un immense passionné des musiques sous toutes leurs formes, le patron du label berlinois Nonine, Me Raabenstein, les seize réflexions présentées n’ont pour seul trait commun que la qualité, supérieure et la beauté, admirable. Rassemblées sans la moindre prétention musicologique ni stylistique, le terme classique recoupant aussi bien le néo-classicisme electronica de Takeo Toyama que l’ambient techno de GAS (le génialissime Zauberberg IV), l’ensemble des compositions est de plus haut niveau musical tout en demeurant très accessible.

Outre quelques personnages (re)connus, dont notre chouchou Sylvain Chauveau et son magnifique Il Fait Nuit Noire A Berlin, ainsi que l’incontournable Max Richter sur le très cinématique Arboretum, la compilation regroupe également des artistes moins fréquentés. Un exemple ? Direction plage treize quand le Californien Akira Rabelais nous gratifie d’un air vocal très mystérieux, où un chœur de la Renaissance se verrait projeté dans l’espace en 2050. Expérimental peut-être, réussi sûrement. D’autres noms, parmi nos favoris (Alva Noto & Ryuichi Sakamoto, Philip Glass, Gavin Bryars, Ryan Teague, Hauschka) viennent compléter ce panorama exemplaire, introduction rêvée aux musiques de notre temps.

 

Un disque : V/A XVI Reflections On Classical Music (Universal)


Daydream - Lawrence

1382 Wyclif Gen. II. 7 - Akira Rabelais

06.06.2009

Cœur de Pirate – s/t

coeur-de-pirateFuck you MySpace, et tes découvertes à la noix. Qu’est-ce qu’on avait besoin de se coltiner une sous-niaiserie de ce genre, véritable crève-oreilles insulte à tout qui aime chanter en français. Punaise, c’est à se demander si des années de lavage de cerveau à coups de lecture des publi-reportages signés T.C. dans le MAD n’ont pas fini par faire leur œuvre, nous faire passer cette musique transparente pour de la nouveauté. Déjà qu’on avait essayé de nous fourguer cette nunuche de Claudine Muno en la faisant passer pour une Alanis Morrissette luxembourgeoise (fallait oser), voilà que débarque la Québécoise Béatrice Martin, alias Cœur de Pirate, et ses chansons pour débiles mentaux fans de Bénabar (pléonasme ?). Le pire dans tout ça ? Le suivisme médiatique de ce déluge pornographique de bons sentiments qui laisse pantois.

 

Un disque : Cœur de Pirate – s/t (Dare To Care Records / Universal)

19.05.2008

Héléna – Fraise Vanille

helena-fraisevanilleAlors comme ça, tu te disais que toi aussi, tu te le ferais bien, la p'tite Helena. Encore tout en érection depuis la scène du bain dans Ah! Si J'Etais Riche, tu guettais sa moindre apparition publique, tu te souvenais d'ailleurs, émotion fragile de maîtrise, que la belle – ah oui – s'était fendue d'une magnifique bossa dans Azul, parue en son temps sur un label qu'on nommait Tricatel. En ces temps-là, tu pensais encore que la variété française pouvait encore accoucher de paysages entre bleu tendre et rose acidulé, que le terme 'nunuche' était réservé aux poulet(te)s industriel(le)s © Star Ac' / Nouvelle Star et tu te sentis conforté dans tes propos sur Née Dans La Nature et son univers d'un romantisme grinçant de tendresse. Puis les choses se gâtèrent, sous l'effet d'un raz-de-marée moderne comme un discours de François Bayrou en 1972. Vincent Delerm (en guest sur Les Mots de Rien) commençait à fréquenter Michel Drucker, Bénabar renversait les années cinquante sur son lourdeau passage et la franchouille n'en finissait plus de se complaire dans un infect marasme anti-moderniste (San Severino, Olivia Ruiz, Thomas Dutronc… aargh). Alors, quand tu entendis l'écoeurante sucrerie de la compagne de Katerine, obligée de ressortir de leur formol les textes de Serge Rezvani (mais si, vous connaissez ces lignes Elle avait des bagues – à chaque doigt – des tas de bracelets  - autour des poignets), tu tirais un trait (définitif?) sur ses pseudo-artistes désobligeants de malhonnêteté intellectuelle.

 

Un disque : HélénaFraise Vanille (Universal)

16.11.2007

PJ Harvey - White Chalk

pj_harvey_white_chalkUne fois n’est pas coutume, la présente chronique se veut autant musicale que cinématographique. Tel un écho du très dur et bouleversant (le mot sonne comme un goût d’euphémisme) 4 Mois, 3 Semaines, 2 Jours, Palme d’Or du dernier Festival de Cannes, le dernier effort de Polly Jean Harvey – entièrement acoustique, avec le piano en tête d’affiche – nous renvoie le spectre de sa maturité tourmentée. Saisissants de parallélisme, les deux univers (le film et le disque) écorchent en mineur leurs premiers instants (de cinéma) et leurs premières écoutes (de musique). Jetant un même sel sur des blessures qu’on imagine volontiers assassines, les deux œuvres déversent leurs torrents d’intenses émotions, où deux parcours du combattant s’observent pour mieux se tendre la main. Tel le sublime Dear Darkness, bande-son idéale d’une scène où les deux héroïnes – le mot est horrible – règleraient son compte à un putain de monde trop grand, et trop injuste, pour elles, les onze titres de White Chalk brûlent ainsi de leur écho enfoui les remords incertains d’une vie passée entre deux chaises. Grand écran ou chaîne hi-fi, la sincérité des uns (le réalisateur roumain Cristian Mungiu) et des autres (PJ Harvey, accompagnée du fidèle John Parish) renvoie définitivement dans un enfer au goût de guimauve pseudo rock toutes les Mademoiselle K du monde.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 (via chezlubacov): PJ Harvey – When Under Ether

Un disque : PJ HarveyWhite Chalk (Island / Universal)

05.11.2007

PJ Harvey en session acoustique sur KCRW

pj-kcrwDisque déjà incontournable, le vibrant White Chalk de PJ Harvey prend par tous les pores, agrippe les cervicales pour mieux perforer les méninges, quitte à appuyer là où ça fait – très – mal. Prolongement de cet album d'une difficulté qui touche au sublime, la session enregistrée pour KCRW met encore plus à nu – oui, c'est possible – des chansons marquées du sceau de l'épure transcendée. Tiens, on était quel jour vendredi dernier, jour de la diffusion ? Le deux novembre, jour des morts, pas la peine de faire l'étonné, vieux.

 

En concert au Grand Rex (de 52 à 79 €, ouille!, seule date en Europe en cette fin 2007)

En écoute sur MySpace

Neuf mp3: PJ Harvey – Dear Darkness

PJ Harvey – The Devil

PJ Harvey – Grow Grow Grow

PJ Harvey – The Piano

PJ Harvey – White Chalk

PJ Harvey – The Mountain

PJ Harvey – Nina

PJ Harvey – Silence

PJ Harvey – To Bring You My Love

Un disque : PJ Harvey White Chalk (Island / Universal)

24.04.2007

Patrick Wolf arrête (déjà) sa carrière

patrick_wolf1Il a dû en avoir plein le dos, le Patrick Wolf, de son air de Oui Oui maquillé comme Marc Almond. Ou alors gonflé de son gonflant troisième album The Magic Position, il a eu un éclair de lucidité et s’est dit qu’être un Neil Hannon siphonné aux barbituriques en pleine Foire du Trône, c’était vraiment trop dur. Et les cyniques de constater, avec bonheur, qu’ils éviteront la boursouflure d’un quatrième disque forcément mauvais. Land of no regrets, here I come.

20.12.2006

P J Harvey – The Peel Sessions 1991 - 2004

pjh-peelParmi tous les artistes que le légendaire John Peel programmait régulièrement dans son émission sur BBC Radio 1, Polly Jean Harvey tenait une place tout particulière dans le cœur du DJ le plus célèbre de la station. Régulière invitée (huit sessions en treize ans, quatre d’entre elles ont été ici retenues, plus l’hommage You Come Through), la rockeuse anglaise nous gratifie sur ce superbe témoignage de toute la poigne hargneuse dont sa musique a toujours fait preuve depuis Dry, son opus initial de 1992. Dès sa toute première session, enregistrée en 1991 avant même ses débuts discographiques officiels, Polly Jean relève le gant (et le poing, rageur) au plus haut des sommets. En digne héritière de l’immense et vénérée Patti Smith (Victory, This Wicked Tongue), Harvey apprivoise pour mieux le confondre l’héritage des Gang of Four ou du Sonic Youth des débuts (Sheela Na-Gig), tout en articulant un discours très personnel dans ses rebondissements les plus ombrageux (Naked Cousin). Et c’est en cousine agitée de Kim Gordon qu’elle déverse tout son venin à la face du monde (Snake) pour mieux feindre une quiétude acoustique qui ne trompe personne sur sa nature tourmentée (That Was My Well).  Pour tout dire, on ne pouvait rêver plus belle manière de célébrer le second anniversaire de la mort de John le magnifique. 

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 P J Harvey – Naked Cousin

Un CD-R : P J Harvey –  The Peel Sessions 1991 - 2004 (BBC / Universal Island)