04/12/2009

Zak Laughed – The Last Memories Of My Old House

zak-laughed-the-last-memories-of-my-old-houseVrai phénomène médiatique de la scène indie made in France, Zak Laughed (traduction phonétique du prénom de son auteur Zacharie Boissau) risque d’être desservi par ce déluge de louanges parisiennes manipulatrices. Non que ses chansons ne vaillent pas un clou, elles sont même charmantes, d’une non-prétention digne des très aimables, lisez insignifiants The Dø ou Cocoon. Mais du haut de ses quinze ans (à sa voix, on lui en donne onze), le jeune Clermontois mérite-t-il tant d’attention, nonobstant son très jeune âge ? Oui, pour la qualité de certaines mélodies, joliment troussées bien que simplissimes et, non, mille fois non pour tout le reste. Les arrangements, surtout, sont particulièrement clichés, un fameux comble pour un gamin censé être hyper-créatif. Entre une pedal steel sortie d’un cauchemar de Will Oldham pour tout gage de non-crédibilité et accords de guitare scolaires, tout est fait pour nous dégoûter avant la date de péremption. Quant au chant préadolescent qui a définitivement oublié de muer, on l’imagine bien plus sorti de la gorge d’un petit chanteur à la croix de bois que d’un futur membre des Herman Dune. Zak Laughed, la blague de l’année ?

 

Un disque : Zak LaughedThe Last Memories Of My Old House (Wagram)

02/12/2009

Pierre Lapointe – Sentiments Humains

pierrelapointe-sentimentshumainsChanteur très apprécié en son Québec natal, Pierre Lapointe n’émarge heureusement pas au registre des hurleurs bêlants, ni à la confrérie des diseurs de bonne aventure adolescente de la Belle Province. Cela ne lui donne toutefois pas toutes les qualités du monde. Très, trop spectaculaires, des titres comme Le Magnétisme Des Amants évoquent même une variété symphonique glam rock d’un goût douteux, comme si les infects Muse se rêvaient en William Sheller. A l’inverse d’un Pierre Bondu, qui explore l’orchestre comme on s’imprègne d’un recueil de poésies en miniatures, le musicien québécois manque de recul et balance le clinquant de ses compositions, qui évoquent même l’affreux jojo Michel Sardou accompagné par un ensemble symphonique. Regrettable, le procédé ampoule des chansons pourtant bonnes, voire excellentes (Tu Es A Moi) qui auraient gagné à plus de concision orchestrale et d’authenticité parolière.

 

Un disque : Pierre LapointeSentiments Humains (Les Disques Audiogram)


Les sentiments humains - Pierre Lapointe

Au bar des suicidés - Pierre Lapointe

29/11/2009

Séverin – Cheesecake

severin-cheesecakeVéritable spécialité frenchie, faire chanter des filles, sexy et troublantes de préférence, ne date pas d’hier. Récemment, les pénibles compilations Nouvelle Vague nous ont valu des relectures parisianistes de classiques eighties dont sont surgies la surestimée Camille et l’inconsistante Mélanie Pain. En remontant davantage le temps, le nombre d’égéries mises en avant par le grand Gainsbourg himself frise la partouze (remarquez, on aurait bien voulu en être).

Jeune auteur-compositeur parisien que le dossier de presse nous présente ‘chef d’orchestre dans un petit costume rouge’ – comme quoi on se fait remarquer comme on peut  Séverin invite quatorze créatures féminines, les unes plus connues (Constance Verluca, Marina des Bondo de Role) que d’autres. D’une tenue pop globalement médiocre, au sens étymologique du terme, le disque varie entre mièvreries neuneuïsantes (Big Mouth pour Marie Flore), voire post-Coldplay (arrrrgh, ça s’appelle Tears Of The Morning pour Martina Björn) et gros clichés sixties pour lecteurs de Télérama (Les Lignes De La Main pour La Fiancée, Johnny pour mamzelle Verluca). On passe son chemin sans s’attarder.

 

Un disque : Séverin – Cheesecake (Cinq7 / Wagram)

15/12/2007

Debout Sur Le Zinc – Récréations

deboutsurlezinc-recreationsJazz manouche de banlieue ou valses de bistro à bière tiédasse, la musique des Debout Sur Le Zinc frivole toujours autant de ses excès post-éthyliques, quinze ans après ses débuts. Une décennie et demie qui les a vus écumer les scènes de France et d'au-delà, assurant au groupe une renommée festive qui n'est plus à présenter. Composé uniquement de titres composés entre 1993 et 1997 mais inédits en disque, bien que maintes fois joués en live (au point que les fans viennent à les réclamer), Récréations contamine, c'est triste à dire, à la petite vérole l'univers autrement plus poétique de Pascal Comelade, et son seul mérite est d'insuffler un air de fête populaire (mais au sens le plus cliché du terme). En regard du folk réinventé de DeVotchKa et A Hawk And A Hacksaw, ça fait carrément pitié.

 

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Un disque : Debout Sur Le Zinc Récréations (Wagram)