07/12/2010

Top Ten 2010 Nr. 10 Gonjasufi – A Sufi And A Killer (Warp)


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22:02 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gonjasufi, warp, top 10, top 10 2010 |  Facebook |

18/11/2010

Shobaleader One – d’Demonstrator

shobaleader_one_d_demonstrator.jpgInutile de foncer sur Google pour dénicher le mystérieux artiste qui se cacher derrière l’improbable nom de Shobaleader One, il s’agit tout simplement de l’ami Squarepusher – dont nous avions particulièrement goûté les variations solo à la basse sur l’excellent Solo Electric Bass 1. Entouré de quatre collaborateurs aux monikers étranges et mystérieux (Strobe Nazard, Sten t’Mech, Arg Nution et Company Laser), Tom Jenkinson imagine sur Warp une (très) jolie collection de titres qu’on imaginerait bien volontiers du côté d’Ed Banger ou de Kitsuné. Totalement space pop, l’univers de d’Demonstrator louche d’ailleurs, et pas qu’un chouia, du côté des Daft Punk. Chantés par Squarepusher himself d’une voix manipulée au vocoder, les titres font toutefois leur petit – et leur – grand effet au fil du temps. Et si, pour faire grincheux, on pourra trouver passéiste la cause défendue par Shobaleader One, on se gardera bien de ne pas profiter des saveurs acidulées qui s’en dégagent. Parfum prégnant d’une autre galaxie en sus.

 

Un disque : Shobaleader One – d’Demonstrator (Warp)
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21/12/2009

Broadcast & The Focus Group – Investigate Witch Cults Of The Radio Ages

broadcast_focus_group_investigate_witch_cults_largeProjet totalement vénéré par votre serviteur depuis ses débuts vers le milieu des nineties, Broadcast élargit le spectre de ses intentions sur ce mini-album. Aujourd’hui résidant de Hungerford, à mi-chemin entre Bristol et Londres, le duo Trish KeenanJames Cargill collabore pour la première fois avec The Focus Group aka Julian House, le fondateur du label Ghost Box.

Composé de vingt-trois titres pour cinquante minutes de musique, Investigate… s’inscrit pleinement dans la démarche très anglaise de Broadcast, tout en élargissant les horizons entre Vieux et Nouveau Monde. Traçant un lien aussi étonnant que subtil entre le Pink Floyd de Pipers At The Gates Of Dawn et le White Noise de Delia Derbyshire, les titres chantés – ils ne le sont pas tous – sont d’une beauté onirique absolument irréelle, à commencer par un The Be Colony d’anthologie. Parfois, l’évocation de la campagne anglaise trace son chemin au sein d’un pastoralisme électronique bluffant (I See, So I See So) tandis qu’en d’autres instants surprenants, l’ombre de la musique de… Henry Purcell rencontre la musique concrète de Pierre Schaeffer (qui n’était pourtant pas anglais), quand ce n’est un souvenir de jazz bebop affrontant une electronica micro-tonale. Très varié, parfois un peu incohérent tant les idées se bousculent, le treillis élaboré par les trois artistes inspire une luxuriance humaine où la notion de rétro-futurisme prend encore davantage de sens.

 

Un disque : Broadcast & The Focus Group Investigate Witch Cults Of The Radio Ages (Warp)

25/10/2009

We Are Unreasonable People, 20 years later

Warp20NewYorkYES-DanHoldsworth2009withborder(1)Pour ses dix années d’existence, c’était en 1999, Warp Records avait publié une triple compilation résumant non seulement les artistes phares de sa première décennie, certains toujours mythiques (Nightmares On Wax, LFO), d’autres tombés dans l’oubli, en dépit d’une aussi courte qu’impeccable discographie (le duo Sweet Exorcist). Encore très profondément imprégné d’une éthique dancefloor électronique, le label alors de Sheffield nous avait gratifié d’une sacrée livrée de ses influences. Elles prouvaient les goûts, marqués et transcendants, des fondateurs Steve Beckett et feu Rob Mitchell pour tout ce qui touchait à l’acid house et à la techno, quelque part entre l’incontournable A Guy Called Gerald et Model 500 (aka l’immense Juan Atkins), alors que le virage vers une musique plus diversifiée s’état déjà fait sentir avec les signatures de Broadcast ou Jimi Tenor. La deuxième page de son existence tournée, c’est en toute beauté que la maison désormais établie à Londres nous gâte, sous la forme d’un riche coffret, comprenant un livre (192 pages pour plus de 400 artworks) et, bien entendu, de la musique – en cinq CD et cinq vinyls. Coûteux bien que goûteux (120 € pour le copieux tout, et on en a pour son argent), l’anniversaire se décline également en deux doubles albums Chosen et Recreated disponibles séparément.

 

Désormais moins au sommet de la branchitude électronique que des Planet Mu ou Tempa, notamment en matière de dubstep ou de funky – encore que de récentes sorties des excellents Clark et Flying Lotus infirment cette théorie – Warp a parfois semé le doute chez ses fans de la première heure. En adeptes inconditionnels des beats et du glitch défendus par Aphex Twin ou Plaid, ils ont eu bien du mal à encaisser la pilule indie mainstream que constituait les récentes signatures des arty pop Grizzly Bear, sans même évoquer le rock généraliste et (parfois) démago des Maxïmo Park. En dépit de ces quelques glissements de terrain, l’officine anglaise est cependant restée terre fertile de découvertes (Harmonic 313, totalement à sa place, les essentiels Battles), tout en intégrant des transfuges au sommet de leur art (la magnifique Leila, ex-Rephlex et les fuyants du bulbe Gang Gang Dance, ex-The Social Registry).

 

Certains aspects de l’abondante discographique warpienne ne sont guère mis en avant en ces vingt ans. Du funk soul barré de Jamie Lidell, on ne trouve guère trace (hormis, et encore, un Daddy’s Car plus electro pop qu’autre chose), son Little Brother étant repris, d’une maîtresse manière folkisante, par des Grizzly Bear vocalement à un sommet fleetfoxesien.

Les deux disques de reprises sont tout à fait remarquables d’équilibre et de cohésion. Au sommet de la pointe, Leila expurge les beats en pente raide du fameux Vordhosbn d’Aphex Twin, qu’elle joue uniquement au piano à la manière de Max Richter. Absolutely fabulous, indeed. Tout aussi géniale et intense est la relecture de In A Beautiful Place Out In The Country des Boards of Canada, version Mira Calix. Totalement personnelle et, osons-le, supérieure à l’original, la vision de la Sud-Africaine replace l’adagio de la mélodie (et les field recordings bucoliques) dans un ensemble de cordes proche d’un nirvana vu par le Kronos Quartet. Dans le pire des cas, on va du moyen (Broadcast imaginé par Gravenhurst) à l’excellentissime (Milanese dépoté par Clark au travers d’un prisme à la Venetian Snares)

 

Les deux CD Chosen tiennent tout autant la routé. Choisis par les fans sur le site Warp20.net, les dix titres de la première plaque mettent en avant les stars IDM (Aphex Twin, Squarepusher, Autechre, LFO) et electronica (Boards of Canada, Clark) de la maison We Are Reasonable People. Placé judicieusement entre toutes ces musiques synthétisées, le génialissime Atlas de Battles offre un contrepoint formidablement dynamique, qui rappelle à quel point l’album Mirrored est un des disques de la décennie, sinon du siècle. Et en avant pour ‘Central Market’ l’opus solo de Tyondai Braxton, guitariste du groupe américain, dont la sortie est toute récente !

La seconde page de Chosen est tournée par le boss Steve Beckett. Elle confirme, en quatorze étapes, la versatilité des goûts du co-fondateur de la boîte anglaise, entre influences jazz (les Tender Buttons de Broadcast), dance music irrésistible sans être putassière (I’m For Real’ des vétérans Nightmares On Wax) et plages nappées d’une splendide electronica rêveuse (Drane, un des meilleurs titres d’Autechre ou l’incroyable Amo Bishop Roden d’encore Boards of Canada) sans oublier, qui d’autre ?, Battles. La planète Warp a encore de beaux jours en heavy rotation devant elle…

 

Un coffret : Warp20 (Box Set)

Deux doubles albums : Chosen et Recreated


Amo Bishop Roden - Boards of Canada

Vordhosbn - Leila

16/10/2009

Broadcast et Gravenhurst, la race des seigneurs

WarpRésidence de projets à l’identité, visuelle et musicale, très marquée (le tout récent disque solo de Tyondai Braxton en est une preuve éclatante de plus), le label Warp s’était longtemps refusé aux sirènes autres que purement électroniques. Une des premières échappées de l’univers purement machinesque des pionniers LFO, Aphex Twin, Autechre et Nightmares On Wax fut la sortie, en 1997, de la compilation Work And Non-Work des premiers singles du groupe Broadcast.

 

Quintet à l’époque, duo aujourd’hui, le projet emmené par les formidables Trish Keenan et James Cargill aka Broadcast démontrait déjà, sans être jamais démenti, que la haute teneur pop de ses chansons méritait de figurer au firmament de la maison alors encore établie à Sheffield. Encore marqué de l’influence du son de son Birmingham natal, on pense plus particulièrement à la délicatesse enrichie de Pram et aux expériences libertaires de Basil Kirchin sur le fondamental Abstractions Of The Industrial North, le son du groupe allait évoluer vers une délectation électro-pop toujours en retenue, voire en épure, où la froideur apparente cède progressivement le pas à des revendications mélodiques d’une classe inouïe. Peu de disques studio jalonnent leur parcours discographique mais, plus que jamais, chaque épisode de leur vie d’artistes est à recommander sans la moindre réserve. Et que dire de la perspective annoncée d’un quatrième opus, annoncé pour très bientôt ?

 

Genre de Nick Drake des temps contemporains égaré dans une galaxie où le post rock serait revu et visité par Jim O’Rourke, Nick Talbot, alias Gravenhurst, est tout simplement un des plus grands génies de son temps. Peu médiatisé et largement ignoré du public, son corpus musical est toutefois de la plus haute tenue. D’une honnêteté et d’une sincérité sans failles ni concessions aux modes ou à la facilité, l’homme de Bristol s’est fendu de quelques-unes des plus belles chansons de ses dix dernières années. Qu’il œuvre en mode acoustique, comme sur la déchirante ballade Song Among The Pine du dernier album en date The Western Lands, ou en version électrique, telle l’imparable cavalcade à la violence toute contenue The Velvet Cell (sur le précédent Fires In Distant Buildings), le musicien anglais prouve, seconde après minute, qu’il est de la race des seigneurs. Voix de velours dans un gant de fer toujours prêt à rugir – sa classe immense l’en empêchera, soyez-en assurés – le gaillard n’a finalement qu’un seul défaut, ne pas sortir de disques assez souvent à notre goût. Pendant ce temps, les infâmes Mars Volta en sont leur énième vomissure…


Americas Boy - Broadcast

Song Among the Pine - Gravenhurst

19/09/2009

Squarepusher – Solo Electric Bass 1

Squarepusher – Solo Electric Bass 1La donnée est peu connue des fans invétérés de l’IDM breakbeat (tendance jazz, tout de même) de l’animal Squarepusher, mais le gars Thomas Jenkinson a été élevé tout petit au biberon des notes bleues. Formé à la rigoureuse école du jazz où il apprit très tôt la basse, le producteur anglais s’est depuis fait un – énorme – nom en dehors de la musique improvisée, culminant au sommet des musiques électroniques grâce à des morceaux aussi imparables que My Red Hot Car ou Go Spactic et ses déchaînements de beats déstructurés qui rendent fou.

Inutile de le préciser, de tentation surexcitée, il n’est nulle question sur ce Solo Electric Bass 1, capté en concert à la Cité de la Musique de Paris en septembre 2007. Au-delà de l’époustouflante virtuosité de Jenkinson, bluffante et fascinante, c’est le raffinement musical de l’artiste qui retient avant tout l’attention. Alors qu’on aurait pu craindre les débordements excessifs d’un singe savant trop heureux de montrer son savoir-faire, les interprétations du musicien de Chelmsford tranchent dans le vif d’une vision organique, profondément dynamique et pleinement maîtrisée. A leur écoute, on ne voit pas le temps passer et c’est formidable.

 

Un disque : Squarepusher Solo Electric Bass 1 (Warp)

seb-1.01 - Squarepusher

seb-1.02 - Squarepusher

06/12/2008

Gang Gang Dance @ La Flèche d'Or

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04/12/2008

Squarepusher – Just A Souvenir

squarepusher-justasouvenirMine de rien, l’histoire de Squarepusher remonte déjà à 1996 – putain, douze ans – au cours desquels il s’est fait un nom très remarqué dans le grand monde de l’IDM, d’abord sur Rephlex pour son opus originel, sur Warp ensuite. Toujours actif sur la structure d’Autechre et Prefuse 73, Thomas Jenkinson en est aujourd’hui à la onzième étape solo d’un parcours qu’il mène avec brio, ne se contentant pas de compiler les beats dansants mais proposant une vraie recherche musicale aux confins du jazz et de la musique concrète. Une fois de plus, mais pas une fois de trop, le producteur britannique varie les styles et les effets, passant d’une électro pop presque glitch (Star Time 2) à un jazztronica dance qui fout une énorme claque stylistique aux spécialistes du buzz très con Justice (The Coathanger). Empreinte d’un humour space pop qui présente un Venetian Snares batteur de notes bleues en sourdine aux Daft Punk (l’étonnant A Real Woman), Jenkinson incorpore en toute humilité l’héritage dynamique de son ami Aphex Twin, tout en incorporant des titres plus abstraits qu’un Pierre Bastien devenu guitariste ne renierait pas. L’occasion nous rappelle également que Squarepusher est un formidable musicien, doté d’un sens aigu des musiques improvisées (Potential Govaner ou comment Thomas Dutronc est un jazzman imposteur) et amplifiées (Planet Gear, un brin trop confus, toutefois, trop d’idées tuant les idées). Pas toujours d’accès aisé, certes, Just A Souvenir apportera toutefois un florilège de sensations fortes, entre émotions secouées et recherches du second degré, dont peu de noms connus osent se faire le commanditaire.

 

En écoute sur le site de l’artiste

Un disque : SquarepusherJust A Souvenir (Warp)

11/03/2008

Harmonic 313 - EP1

harmonic313-ep1Toujours guettées avec la même avidité, les sorties du géant label électro Warp déçoivent rarement. Pour ne rien changer de ces bonnes habitudes, nous placerons le premier EP de l’Australien Mark Pritchard sous le pseudonyme de Harmonic 313 au rang des très bons crus, juste un minuscule chouia en retrait des plus grandes œuvres d’Autechre. Binaires et secouées, ses tracks, qui doivent autant au robotisme déviant de Kraftwerk qu’à la sombre intensité du dubstep, promettent en tout cas d’inquiétants lendemains – un album complet – pour les chauves-souris de la planète dark techno. Mieux même, leur écoute prolongée ne fait que révéler tout leur potentiel saumâtre d’addiction morbide et c’est tant mieux.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Harmonic 313– Word Problems

Un disque : Harmonic 313 EP1 (Warp)

05/02/2008

Broadcast en vert et contre tout

broadcast-warpcloseup2-350Composé à l’origine pour une compilation Static Caravan, le titre Green Peter du duo Broadcast (qui prépare un successeur au formidable Tender Buttons) dévoile une facette plus inattendue du groupe de Birmingham, un peu, voire beaucoup, free northern jazz tendance Basil Kirchin (dont ils sont grands fans), un peu, voire beaucoup, electronica noisy vintage (pour faire court, Stereolab vs Einstürzende Neubauten). Énigmatique et libre, intégralement.

 

En écoute sur MySpace 

Un mp3 : Broadcast – Green Peter