04/01/2011

Top Ten 2010 Nr. 1 zeitkratzer – Whitehouse [electronics] (zeitkratzer)


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19/02/2009

zeitkratzer & Terre Thaemlitz – electronics

zeitkratzerterrethaemlitz-electronicsMusicalement aux antipodes des atmosphères feutrées de zeitkratzer, le New Yorkais Terre Thaemlitz est le moins connu des trois noms à l’affiche, alors que sa musique est sans doute la plus ‘accessible’ du lot. Mélange explosif de rythmes tribaux qui ne sont pas sans rappeler le gospel, les percussions de Down Home Kami-Sakunobe s’intègrent difficilement dans le contexte d’un concert, l’Américain jouant une partie irrésistible (certes) qui rend superflue la présence de l’ensemble allemand. Quand il reprend les commandes seul, l’impression d’unité sonore s’en trouve d’ailleurs ragaillardie, notamment sur sloppy 42nds, où le free jazz et l’electronica jouent à saute-mouton avec des percussions obsédantes sans être mordantes. Les choses s’arrangent lors du second titre commun (Hobo Train) avec Thaemlitz au piano, mélange détonant de violon country, de percussions 4/4 et de jazz dégénéré, qui en dépit d’une unité de vues toute relative, séduit par son dynamisme mélodique et sa vigueur rythmique. Avant une conclusion ambient absolument magnifique, quelque part entre Kapital Band 1 et Svarte Greiner.

Un disque : zeitkratzer & Terre Thaemlitz electronics (zeitkratzer)

13/02/2009

zeitkratzer & Carsten Nicolai – electronics

zeitkratzercarstennicolai-electronicsDécidément incontournable ces derniers temps, Carsten Nicolai – aka alva noto – ne pouvait décemment manquer un travail commun avec son compatriote Reinhold Friedl. Déjà auteur en 2008 de l’incontournable Unitxt – album de l’année de votre serviteur – le patron de Raster-Noton pose une patte reconnaissable entre mille sur le second disque. A l’inverse des deux autres parties où le rôle de l’ensemble zeitkratzer est davantage prégnant, les musiciens gardent un profil bas sur les quatre tracks. Ainsi, il n’y a guère que  le minimalisme pianistique sombre – deux seules notes – de Friedl pour accompagner les structures électroniques ravagées de Nicolai sur le magnifique Synchron Bitwave, alors que l’orchestre dépose carrément les armes sur 5 min, où il ne manque plus que la voix d’Anne-James Chaton. Enchaînés en un total de vingt-sept minutes, les conclusifs c1 et c2 montrent également que la collaboration de ces deux fortes personnalités tourne parfois à l’affrontement, le bourdonnement nicolaïen écrasant les restes de notes instrumentales, hormis en les minutes finales où quelques notes de piano et des percussions étouffées nous font regretter la monotonie des instants précédents.

A suivre

 

Un disque : zeitkratzer & Carsten Nicolai electronics (zeitkratzer)

07/02/2009

zeitkratzer & Keiji Haino – electronics

zeitkratzerkeijjihaino-electronicsPersonnage mythique de la scène free noise rock (en gros), le Japonais Keiji Haino n’est plus à présenter quand il s’agit de dépasser les cadres étriqués des bonnes conventions sonores. Présent aux percussions (sur l’étonnant Drum Duo), à la guitare, à l’électronique et surtout au chant (et lequel !), l’ami du génial Kan Mikami intègre mer-veil-leu-se-ment sa voix unique de ténor fou à l’orchestration, notamment sur le premier Aria, où ses variations vocales déclinent à l’infini un sens de la dramaturgie abstraite comme elle est viscérale. Davantage bruitiste, le second Aria voit zeitkratzer (ils insistent sur le z minuscule) jongler avec l’héritage des Einstürzende Neubauten, confronté une radicalité stockhausienne dont on ne ressort que difficilement vivant. Morceau de bravoure du disque, les vingt-cinq minutes de la Sinfonia confirment la folie furieuse – faudrait-il écrire psychiatrique ? – qui s’est emparée en ce soir autrichien d’avril 2006 et on aurait sacrifié nos intégrales Kevin Drumm et Merzbow pour pouvoir en être. Time machine, anyone ?

 

A suivre

Un disque : zeitkratzer & Keiji Haino electronics (zeitkratzer)

01/02/2009

zeitkratzer égratigne le temps

zeitkratzer_HalbTotale_Andreas_HarderEnsemble de musique contemporaine – dans son versant le plus dépoussiéré et moderne – fondé voici une dizaine d’années par le pianiste berlinois Reinhold Friedl, zeitkratzer (égratignure du temps en allemand) confronte depuis ses débuts l’avant-garde instrumentale (John Cage, Stockhausen, La Monte Young…) et la musique électronique. Parution majeure, le coffret Electronics – trois disques également disponibles séparément – confirme le statut unique de la formation germanique dans le petit monde des musiques nouvelles et/ou improvisées. Sans compter qu’il inaugure le propre label de l’ensemble, à la dénomination forcément éponyme.

 

Familiers d’un répertoire qui les voit voltiger entre grands noms de la musique savante du vingtième siècle – mais en dehors de tout académisme – et musiciens ‘populaires’ (dont Lou Reed et son Metal Machine Music, repris avec l’approbation explicite de l’ex-Velvet Underground), la dizaine de membres de l’orchestre met un malin plaisir à brouiller les pistes. Tantôt l’élitisme gronde le populaire, tantôt le rock et l’electronica technoïde dévergondent les musiques atonales, jamais la recherche esthétique ne se subordonne pas à l’expérimentation inaboutie.

 

Enregistrées dans leur majorité dans divers festivals et lieux de concerts européens (Le Lieu Unique à Nantes, le Digressions Festival de Barcelone, le Donaufestival de Krems, Autriche) ainsi que dans leur tanière berlinoise de la Volksbühne, les trois collaborations réunies en ce projet ont pour fil rouge – c’est bien le seul – une absolue indépendance de vue, en dehors de toutes conventions ou de tout formalisme formolisés. Il faut dire qu’on ne réunit pas impunément des esprits aussi libres que Carsten Nicolai, Keiji Haino et Terre Thaemlitz sans prendre quelques risques de clash artistique, il y en a et nous y reviendrons, dans un jeu brûlant qui vaut toutes les chandelles transversales.

 

A suivre...

 

Un coffret : zeitkratzer Electronics (zeitkratzer)